Jean Parenteau (1905-2000)

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Dessin de sempé sans aucun rapport avec le parcours de mon grand père

Mon grand père, Jean Marie Pierre PARENTEAU
Né le 17 juillet 1905 à Bordeaux, 33000, Gironde, Aquitaine, France
Décédé le 24 août 2000 à La Rochelle, Charente Maritime, France , à l’âge de 95 ans
Inhumé à Sonnac, 17160, Charente Maritime, Poitou-Charentes, France

Ingénieur Civil Des Mines, Expert Comptable, Industriel

  • Directeur Général de la MFTC jusqu’en 1968
  • Chevalier de l’Economie Nationale, Officier d’Académie
  • Professeur de gestion à Sup Aero et aux Mines de Paris
  • Président de la 3e section du Conseil National de la Comptabilité
  • Président honoraire du Conseil national de la Comptabilité

Retrouvez en complément ses mémoires profesionnelles


📖 Biographie de Jean Parenteau (par Denis Parenteau, mon oncle)

L’itinéraire de Jean Parenteau offre le portrait d’un grand serviteur de l’économie, dont la rigueur technique s’est doublée d’un profond sens de l’engagement civique et moral.

Né le 17 juillet 1905 à Bordeaux où son père, Georges, Docteur en droit, était agent de change, il retourna avec ses parents dans la propriété familiale, sur les communes d’Haimps, Louzignac et Sonnac quand ses parents furent ruinés par le Krach de la Bourse de Bordeaux en 1914.

Après quelque temps passé à l’école communale de Louzignac, ce qui lui permit plus tard de gérer la propriété familiale avec de bonnes relations avec les habitants de la commune, Jean fut pensionnaire à l’école Fénelon de La Rochelle jusqu’au baccalauréat. Il prépara ensuite les concours des grandes écoles, chez les jésuites, à l’Ecole Sainte Geneviève de Versailles et intégra l’Ecole des Mines de Paris dont il sortit en 1928.

Après onze mois de service militaire comme EOR, puis sous-lieutenant des transmissions, il est embauché en 1929 par un ingénieur conseil qui travaille à la réorganisation d’un groupe textile, et en particulier d’une de ses usines à Beauvais qui fabriquait des couvertures et des draps de laine (C’est son parrain, Daniel Paranteau, Directeur Général de la Compagnie d’Assurances La Métropole  qui sera intégrée plus tard dans l’Union des Assurances de Paris ,UAP) qui lui avait conseillé ce poste. Il s’agit de la Manufacture française de tapis et de couverture (MFTC) qui possède alors un puissant ancrage territorial avec ses usines historiques basées à Beauvais, Roubaix, Tourcoing et Mouscron lui garantissant l’approvisionnement en fils. C’est dans ce véritable laboratoire industriel à taille réelle qu’il commence à éprouver l’efficacité de ses théories comptables. À la fin du contrat de l’ingénieur conseil, la MFTC lui propose de rejoindre la structure de Direction pour mettre en place ses propositions d’organisation. En 1933, les dirigeants de la MFTC lui proposent de rejoindre la Commission Générale d’organisation scientifique (CEGOS) présidée par Jean Milhaud. La CEGOS avait été créée par la Confédération Générale de la Production Française (CGPF), ancêtre du CNPF et du MEDEF.

Entre-temps, Jean Parenteau poursuivait des études qui conduiront le gouvernement à le diplômer expert-comptable pour participer à la délicate expertise financière et technique des Mines domaniales de la Sarre (1920-1935), confiées à la France par le traité de Versailles. Sur ce terrain industriel complexe, confronté aux méthodes d’inventaire allemandes, il doit évaluer les actifs et harmoniser les prix de revient. Cette expérience fondatrice nourrit sa conviction profonde qu’une saine gestion repose avant tout sur des outils de mesure standardisés.

 

🛠️ Le double jeu de la résistance industrielle (1940-1944)

 L’éclatement de la Seconde Guerre mondiale donne à sa fonction une dimension dramatique, marquant le début d’un double jeu d’une grande audace.

En mai 1940, le centre ville de Beauvais est totalement détruit par les bombardements allemands (50 maisons subsistèrent sur 2500).

Muni d’un ordre de mission, Jean Parenteau est envoyé dans le Sud-ouest pour rechercher un lieu où mettre la production à l’abri.  Mais les événements ne lui laissent pas d’espoir, et muni d’un sauf-conduit de la Gendarmerie, il remonte sur Paris le 12 juin.

Compte tenu de la situation, il quitte Paris dans un train militaire qui sera bombardé à Gien. Les allemands étaient très proches, et avec quelques compagnons, il essaya de joindre Briare. Ils furent peu de temps après arrêtés par des soldats commandés par un officier allemand portant un brassard de la Croix-Rouge, ce qui ne lui donna pas confiance. Profitant d’une absence des gardes, ils réussirent à s’enfuir, toujours à pied.

Il réussit à revenir à Paris quelques jours plus tard et parvint à rejoindre Beauvais (80 km en vélo). C’était le 21 juin, et il apprit alors la signature de l’armistice et l’appel du Général de Gaulle.

Miraculeusement, les ateliers de l’usine étaient restés intacts car séparés du centre-ville par la rivière. Face à la détresse de la population, la MFTC prend l’initiative, avant la réquisition par les allemands, de céder à chaque habitant 3.50m du stock important de draps de laine bleus commandés par la Marine et de relancer la production de couvertures pour l’hiver. Face aux pénuries de matières premières verrouillées par l’Organisation Todt (L’organisation allemande créée par Hitler pour maitriser la production industrielle), il négocie habilement l’autorisation de recevoir des matières. Le compromis officiel imposé par l’occupant exige que la laine de qualité supérieure soit allouée à la Wehrmacht, tandis que les civils français doivent se contenter de déchets de laine et de fibrane. Disposant d’un excellent laboratoire de chimie textile, Jean Parenteau décide, en concertation étroite avec les cellules de l’usine contrôlées par la Résistance, de détourner totalement ce protocole. La MFTC livre secrètement à l’armée allemande des couvertures en fibrane et déchets, tandis que la laine pure et chaude est subrepticement détournée pour confectionner les couvertures de la population civile, sans que les autorités allemandes ne décèlent le stratagème.

Parallèlement, Jean Parenteau rejoint la Direction générale de la MFTC à Paris, avenue de Messine, où une autre lourde responsabilité l’attend. Jean Milhaud, protestant, d’origine juive, est contraint de fuir les persécutions antisémites pour s’exiler aux États-Unis. Parenteau prend alors bénévolement la direction de la CEGOS pour en préserver l’outil et les équipes. Intégré à la Commission interministérielle du plan comptable (CIPC) sous le régime de Vichy, il poursuit une véritable résistance administrative. En multipliant les objections techniques et en enlisant les réunions, il parvient à saboter l’application globale du rigide « Plan Göring » exigé par les Allemands, freinant ainsi la ponction économique nazie sur l’appareil productif français.

 

 

⚖️ L’expertise de la Reconstruction et l’essor du Plan Comptable

À la Libération, Jean Parenteau restitue fidèlement la direction de la CEGOS à Jean Milhaud de retour d’exil, un geste d’une profonde droiture morale. Sa réputation d’intégrité le désigne naturellement auprès du général de Gaulle pour intervenir comme expert judiciaire lors des grands procès de nationalisation-sanction. Mandaté pour évaluer l’attitude de l’appareil industriel sous l’Occupation, il prend avec brio la défense de fleurons comme Ugine. Ses rapports financiers rigoureux démontrent que leurs dirigeants ont mené un double jeu pour préserver l’outil de travail national sans basculer dans la collaboration active, leur évitant une nationalisation punitive et préservant leur agilité pour la reconstruction du pays.

L’après-guerre consacre Jean Parenteau comme le grand théoricien de la gestion française. Ses travaux de l’ombre permettent l’avènement du premier Plan Comptable Général (PCG) en 1947. Il est logiquement nommé Président de la section analytique du Conseil supérieur (puis National) de la comptabilité, poste qu’il occupera pendant 35 ans (de 1947 à 1982). Il y impose l’idée moderne que la comptabilité doit être un outil prévisionnel d’aide à la décision pour le chef d’entreprise. En 1945, il publie son ouvrage de référence, Calcul des prix de revient et comptabilité industrielle, complété plus tard par des manuels sur les prix standards.

 

🎓 Transmission et reconnaissance nationale

Cette expertise, Jean Parenteau tient à la transmettre en dispensant des cours de gestion à l’École des Mines de Paris et à SupAéro, tout en poursuivant sa carrière à la MFTC dont il devient Directeur général adjoint. Il se retire du monde industriel en 1969 lors du rachat de l’entreprise par OPA par les frères Willot.

L’État a salué ce double parcours de praticien et d’éducateur en le nommant Chevalier de l’Ordre de l’Économie Nationale et Officier d’Académie. En 1982, au moment du déploiement du nouveau plan comptable modernisé, Jean Parenteau quitte ses fonctions exécutives pour être nommé Président honoraire du Conseil national de la comptabilité. Il s’éteint en 2000, couronnant une vie entière dédiée à la rationalisation, à l’éthique et à la sauvegarde de l’économie française.

Télécharger l’arbre généalogique

Pierre Joubert avait une soeur, Marie Joubert, qui a épousé Henri Coudreau. Ils ont eu un enfant, Henri Coudreau (même prénom que son père), explorateur connu pour avoir découvert la Guyane et n’a pas eu d’enfant. Nous sommes donc ses plus proches parents.

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